Aussi discret que charismatique, Michael Olise confirme au Bayern et avec les Bleus qu’il est bien à 24 ans l’un des tout meilleurs offensifs du foot mondial. Sans jamais oublier qu’un grand joueur c’est d’abord un style. Sur le terrain, mais aussi dans la vie.  

Chérif Ghemmour

1987. Le choc Terence Trent d’Arby avec Wishing well, son super hit mondial. TTDA, prince de la Soul des Eighties a tout pour lui. Beau métis US aux dreadlocks, timbre électrisant, silhouette élancée, taiseux avec les médias, il a propulsé son flow depuis Londres. Trente ans plus tard, un autre jeune métis londonien aux dreadlocks égaré au Reading FC partait à la conquête de la planète foot…

Prononcez « Olissé » !

En 2017-2018, pour ses pénibles débuts en pro, Michael Olise galère donc à 17 ans en D2 anglaise chez les Blanc-et-Bleu après avoir échoué en jeunes à Arsenal et à Chelsea (jusqu’en U16). Même Manchester City, attiré un an auparavant par sa virtuosité balle au pied acquise dans les « cages » (terrains grillagés) de Hayes, en banlieue ouest de Londres, ne l’a pas retenu. Et c’est tout au fond du trou du Reading FC et dans le kick and rush du Championship que l’admirateur de Messi et Neymar va pendant deux saisons peaufiner son style (dribbles chaloupés et coups francs létaux) et surtout son flow : ses dreadlocks naissants, ses fameuses chaussettes au-dessus des genoux ou les couleurs de ses chaussures, bleues, noires, bicolores et surtout blanches. « Avant, je jouais toujours avec des chaussures blanches. Ça m’a plu, donc j’ai continué », commentait-il dans L’Equipe-Mag en mars 2025 lors de son unique long entretien en tête à tête. Sacré meilleur joueur de D2 à 18 ans en 2019, son style et son flow éclatent au grand jour en rejoignant la Premier League à Crystal Palace managé par Patrick Vieira et les Bleuets U18.

Les secrets du flow de Michael Olise

Littéralement « quadrinational » né an Angleterre d’un père nigérian et d’une mère franco-algérienne, Olise (prononcez « O-lissé ») a toujours voulu jouer pour le pays de sa mère qu’il visitait gamin et ado ! Chez les Eagles, le toujours mutique ailier droit qui célèbre déjà ses buts « motus et bouche cousue » (un index dans l’oreille, l’autre sur la bouche) parle plutôt avec ses pieds en or. Au civil, il affiche haut et fort son swag de rookie gentiment bad boy. Fringues baggy, bagouzes et chaînes au cou, lunettes noires, premiers tatouages provocateurs (le visage de la Statue de la Liberté masquée par un bandana, plus récemment), il est de suite repéré par les influenceurs trendy anglais, qui vantent son nonchalant drip (traduction : son style décontracté). Il y a aussi son crush très particulier pour deux rappeurs qui lui ressemblent : l’anglais Central Cee (père guyanais et chinois, mère anglaise) et l’Américain Trippie Redd (d’ascendances irlandaise, afro-américaine et amérindienne). Anglophone, Michael ne s’en sort pas trop mal en français avec un léger accent jamaïcain-nigérian, étant lui aussi comme Central Cee un pur produit multiculturel et métissé de London, la City qui parle au monde…

Flow bleu en équipe de France…

C’est aussi à Crystal Palace que l’attaquant ajoute une touche très perso à ses dreadlocks  aux fins rubans blancs ou rouges mais surtout à ses pieds ailés, assortissant bien avant son arrivée au Bayern Munich la couleur de ses crampons à celles de ses kits. Le plus souvent à dominante blanche qui matche parfois avec la tenue claire de Palace, il a carrément osé les crampons ciel et albâtre avec le maillot third bleu ciel et blanc. Lorsqu’il a débarqué en équipe de France Olympique pour les JO 2024 de Paris, le grand public français a découvert un meneur enchanteur, médaillé d’argent aux 2 buts et 5 passes décisives. Les connaisseurs ont flashé, eux, sur ses Hypervenom Phantom III Elite, le modèle de Nike qui date pourtant de 6 ans, ex-nouveauté du Mondial 2018. Passé au Bayern à l’été 2024 où il a explosé les compteurs (12 buts, 17 assists la première saison, 30ème au Ballon d’Or et actuellement à 20 buts et 23 passes décisives !), Olise reste fidèle à ses Hypervenom III qu’il a bien sûr aristocratiquement assorties aux couleurs de ses kits : son déjà mythique « all red » à domicile, le « all black » pour le noir du kit Oktoberfest ou le « all white » avec le kit third. Entre-temps, le maverick de 24 ans qui, aux dernières nouvelles, n’a toujours pas de contrat d’équipementier perso et n’est pas non plus l’égérie d’une marque, a fait son trou chez les Bleus depuis sa masterclass et un coup franc direct XXL contre la Croatie en mars 2025 (2-0).

Les secrets du flow de Michael Olise

Michael Olise, c’est aussi encore et toujours la  c… à DD : un Numéro 10 tombé du ciel londonien au moment pile où le vide laissé par Grizou devenait de plus en plus problématique en équipe de France ! Installé dans la banlieue sud tranquille de Munich, discret sur sa vie privée et familiale, peu présent sur les réseaux sociaux, il ne subit pas les foudres des dirigeants du Bayern qui lui pardonnent ses esquives d’après-match face aux médias, heureux qu’ils sont de ne plus avoir à déminer les esclandres du FC Hollywood d’antan. Avec la paire Diaz-Olise, ils peuvent même espérer retrouver le duo magique Robben-Ribéry. Bosseur et ambitieux (l’idéogramme japonais « chaque jour un peu plus » est tatoué sur son tibia), ce solitaire est très ouvert à ses coéquipiers qu’il apostrophe d’un « bro » aux entraînements et qu’il régale de ses playlists sur leur groupe WhatsApp. Toujours féru de mode, il semble avoir récemment évolué vers un style moins baggy, plus tight, en adepte d’un classicisme cool, mocassins, chemises et foulards de soie. Ses arrivées à Clairefontaine ont affiché une sobriété vestimentaire relevée d’une inévitable french touch en bagage Vuitton… Alternant le chaud et le froid, il est à la fois intense sur le terrain et cérébral en dehors (doté d’un très haut QI de 127), il s’éclate au ping-pong comme il s’apaise en jouant constamment aux échecs. Numéro 17 au dos, il a sa chanson à l’Allianz Arena, Der Olise song au refrain entêtant (« Was macht der Olise da ? ») Joueur frisson qui surgit côté droit pour mieux disparaître dans la vie, il est comme l’ombre fugace chantée par Terence Trent d’Arby dans Wishing Well : « Embrasser comme un bandit voleur de temps »…

Les secrets du flow de Michael Olise
Chérif Ghemmour

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