Coupe du monde 2026
Top 10 : maillots de Coupe du Monde disparus
Parce que 96 ans et 23 éditions de Coupe du monde racontent aussi l’histoire du monde, à travers les grands bouleversements géopolitiques ou les petites avanies de la nature humaine, voici une sélection de maillots mythiques aujourd’hui disparus…
All black : maillot, short et bas… Ce 12 juin, c’est contre la France que l’équipe italienne championne du monde en titre avait joué tout en noir (couleur du régime fasciste), sur instruction directe de Mussolini. Habituellement, l’Italie jouait en bleu, comme lors de sa finale victorieuse quelques jours plus tard contre la Hongrie (4-2). Mais en quarts, à Colombes, la France, pays hôte du match, jouait aussi en bleu. D’où la tenue « extérieur » de la squadra nera pour une victoire 3-1.

Le Onze de l’Anschluss. Toujours au Mondial en France, cinq joueurs de la fameuse équipe autrichienne (la Wunderteam) avaient été incorporés dans l’équipe de l’Allemagne nazie après l’annexion de l’Autriche. En 1938, le maillot de l’équipe du IIIème Reich combinait les couleurs traditionnelles allemandes, blanc et noir, mais avec un liseré rouge au col, la couleur du parti nazi, ainsi qu’un écusson frappé de la sinistre croix gammée.

Le drame du Maracanaço qui a privé le Brésil de « sa » Coupe du monde en 1950 après sa défaite contre l’Uruguay (2-1) a conduit à l’abandon définitif du traditionnel maillot blanc de la Seleção porté lors de ce tournoi. Par superstition, dit-on… Légende urbaine ! La couleur blanche de 1950 avait surtout été critiquée pour son manque de patriotisme. Trop neutre, pas assez galvanisante, quoi ! Et ce n’est qu’en 1954 que la tunique nationale est définitivement passée au proverbial jaune canari.

Le fameux maillot vert ou jaune avec la tête de léopard rugissant, toutes griffes dehors, du Mondial 74 en RFA. Au-dessous du félin, les cinq grosses lettres du mot Zaïre, du nom du pays rebaptisé comme tel en 1971 par l’ancien dictateur Mobutu. À l’indépendance de l’ex-Congo Belge en 1960, le nom de ce nouvel état était la République Démocratique du Congo. Une appellation restaurée en 1997 sous l’acronyme RDC, l’année de l’abandon de la dénomination « Zaïre » à la mort de Mobutu. Le succès des réassorts récents a pérennisé ce maillot devenu iconique.

Suite à la partition de l’Allemagne en 1945 entre la RFA et la RDA, cette dernière a arboré à partir de 1952 un maillot frappé des trois lettres DDR, pour Deutsche Demokratische Republik, brodées sur le cœur. Trois lettres immenses qui ont immortalisé ce maillot à la Coupe du Monde 1974, notamment le bleu porté lors de la victoire politiquement très symbolique de la RDA sur la RFA au premier tour (1-0, but de Jürgen Sparwasser). Après la chute du Mur de Berlin en 1989, l’équipe de la DDR a disputé son dernier match en septembre 1990, juste avant que les deux Allemagnes soient réunifiées en novembre.

À la Coupe du monde 1974 en RFA, les Oranje ont joué en Adidas. Sauf Johan Cruyff, sponsorisé de longue date par Puma. Contre l’avis de la fédé néerlandaise, Johan 1er s’était donc fait faire un kit à deux bandes noires au lieu des trois : maillot, short, chaussettes et survêtement ! Au Mundial argentin de 1978, René et Willy Van de Kerkhof et Dick Nanninga, sous contrat personnel avec Puma, imiteront Cruyff avec un maillot à deux bandes au lieu des trois d’Adidas, toujours équipementier des Pays-Bas. Plus tard, le futé Johan Cruyff fit breveter ses deux bandes mythiques en marque déposée, Cruyff Classics, déclinant toute une gamme d’articles de sports !

Le 10 juin, la France et la Hongrie déjà éliminées s’affrontent pour leur dernier match de poule du Mundial argentin. La FIFA avait notifié aux Tricolores qu’ils devraient jouer en bleu. Or, ils arrivent sur la pelouse de Mar Del Plata en maillot blanc… comme les Hongrois ! En catastrophe, les intendants de la FFF réussissent à dénicher les maillots rayés vert et blanc du club local amateur du CA Kimberley. Victoire 3-1 pour la France, championne du monde du ridicule.

Le fameux maillot rouge avec le blason au lion tchèque porté au Mundial espagnol 1982. Etant pays membre du Pacte de Varsovie, une petite étoile rouge, symbole communiste, était brodée au-dessus du lion. Ce maillot de 1982 était du même modèle légendaire que celui porté par Antonin Panenka, auteur du tir au but éponyme à l’Euro 1976. Après la scission de la Tchécoslovaquie en 1992, il y aura deux pays donc deux maillots : celui de la République Tchèque (toujours rouge) et celui de la Slovaquie (bleu).

Le fameux maillot rouge, couleur du communisme, de l’ex-Russie Soviétique, avec les quatre lettres CCCP en blanc sur la poitrine. L’acronyme CCCP n’était pas la traduction de l’URSS (Union des Républiques Socialistes Soviétiques) mais de l’Union des républiques socialistes des Conseils. La Coupe du monde 1986 fut la dernière édition au cours de laquelle les Popov portèrent la tunique rouge CCCP. Au Mondiale 1990, l’URSS existait toujours (elle ne sera dissoute qu’en décembre 1991) mais la Sbornaya n’arborait déjà plus le motif CCCP…

En Italie, la bande à Safet Sušić arbore pour la dernière fois à un Mondial son fameux maillot bleu nuit frappé de l’étoile rouge socialiste, ses bas rouges et shorts blancs (les trois couleurs de la Yougoslavie). Puis, à partir de 1991, la guerre fera éclater cette République fédérative en plusieurs états. À la fin officielle de l’ex-Yougoslavie en 2003, la Serbie héritera de ce maillot bleu puis passera pendant un long moment en rouge ! Par pur nationalisme…

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